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Le Cours Julien est l’un des meilleurs endroits de Marseille pour découvrir le street art à pied. Dans ce quartier du 6e arrondissement, les façades, les escaliers, les rideaux métalliques et les petites places servent de support à des fresques très différentes. Certaines sont monumentales, d’autres presque cachées. Elles peuvent rester plusieurs années ou disparaître en quelques jours sous l’effet du temps, des travaux ou d’une nouvelle intervention.
Pour une première balade, prévoyez entre une heure et demie et deux heures. Le parcours se fait facilement depuis le métro Notre-Dame-du-Mont, avec plusieurs passages par la rue Pastoret, la rue Crudère, la rue des Trois-Rois et la rue Vian. Il n’existe pas de circuit officiel unique : l’intérêt du Cours Julien est justement de lever les yeux et de s’éloigner un peu des axes les plus fréquentés.
Le Cours Julien possède plusieurs caractéristiques favorables à l’art urbain. Le quartier est dense, vivant et composé de nombreux commerces indépendants. Les murs sont très visibles depuis les escaliers et les places. Les cafés, les salles de concert, les boutiques de créateurs et les associations participent aussi à cette identité colorée.
À Marseille, le street art s’est développé dans différents secteurs, notamment autour du Panier, de la Belle de Mai, de la Plaine et du Cours Julien. Ce dernier reste toutefois le terrain le plus accessible pour une découverte rapide. En quelques rues, on passe d’un collage à une grande peinture murale, puis à une mosaïque ou à une œuvre réalisée sur une porte de garage.
Le quartier ne ressemble pas à un musée à ciel ouvert au sens classique du terme. Les œuvres ne sont pas toujours signées, les supports peuvent être privés et certaines peintures sont recouvertes. Cette évolution permanente fait partie de la culture du street art. Une photo publiée en ligne quelques mois plus tôt peut déjà montrer un mur qui n’existe plus.
Le métro Notre-Dame-du-Mont, sur la ligne 2, est le point d’arrivée le plus pratique. Depuis la station, quelques minutes suffisent pour rejoindre la place Notre-Dame-du-Mont et le début du Cours Julien. Le secteur est également desservi par plusieurs lignes de bus. La station de tramway la plus proche se trouve du côté de la Canebière, mais la montée jusqu’au cours demande ensuite un peu de marche.
Le Cours Julien est une vaste place en pente douce, bordée de terrasses et d’arbres. Commencez par observer les murs qui entourent la place, puis dirigez-vous vers les escaliers et les rues adjacentes. La rue Crudère et la rue Pastoret offrent souvent de bons exemples de fresques et de collages. Les œuvres sont parfois installées en hauteur : les visiteurs attentifs repèrent des détails autour des fenêtres, sur les balcons ou au-dessus des enseignes.
Il est difficile de donner une adresse définitive pour chaque œuvre. Les peintures changent régulièrement. En revanche, certains axes concentrent depuis longtemps une forte présence artistique.
La rue Crudère relie le Cours Julien à la rue de Lodi. Elle est connue pour ses façades colorées, ses collages et ses nombreux rideaux peints. C’est une rue à parcourir lentement, en regardant aussi les côtés des immeubles. Les œuvres les plus intéressantes ne sont pas toujours celles qui occupent le mur le plus grand.
La rue Pastoret constitue un autre passage incontournable. Les murs y accueillent des portraits, des compositions graphiques et des interventions plus spontanées. La rue est étroite et très fréquentée par les piétons. Pour prendre une photo, mieux vaut se placer sur le côté et ne pas bloquer l’accès aux commerces.
La rue des Trois-Rois prolonge la promenade vers la Plaine. On y trouve un mélange de peintures, de pochoirs, d’affiches et de collages. Les devantures commerciales sont particulièrement intéressantes, car certaines œuvres ont été réalisées avec l’accord des propriétaires ou dans le cadre d’une commande.
La rue Vian et les abords de la rue de Lodi complètent le parcours. Les changements de niveau et les petits passages offrent des points de vue différents. Dans ce secteur, il faut prendre le temps d’observer les murs secondaires, les portes et les boîtes aux lettres. Le street art marseillais ne se limite pas aux grandes fresques visibles depuis la place.
Pour prolonger la sortie, rejoignez la Plaine en passant par la rue de Lodi. Le paysage urbain change progressivement, mais les stickers, pochoirs et peintures restent nombreux. Cette extension ajoute environ trente minutes de marche selon les détours.
Le Cours Julien accueille des artistes marseillais, français et internationaux. Certains travaillent principalement dans la rue. D’autres réalisent aussi des illustrations, des affiches, des peintures en galerie ou des commandes pour des commerces et des événements. Les signatures sont parfois discrètes, mais elles permettent d’identifier les auteurs.
Difuz est l’un des artistes associés à la scène marseillaise. Son univers se reconnaît à ses personnages expressifs, ses formes très colorées et son goût pour les compositions dynamiques. Il intervient sur des murs de grande taille, mais aussi sur des supports plus petits. Son travail s’inscrit dans une culture graphique très lisible, proche de l’illustration et du dessin animé, sans se limiter à un style enfantin.
Tabas, artiste marseillais également connu pour ses peintures murales, développe un langage visuel marqué par les couleurs, les formes géométriques et les références à la culture populaire. Ses œuvres peuvent prendre la forme de portraits ou de compositions abstraites. Comme pour beaucoup d’artistes urbains, les supports varient selon les projets et les collaborations.
Mahn Kloix est connu pour ses portraits et ses scènes humaines. Son travail peut être observé dans plusieurs villes et s’inscrit dans une approche plus figurative du street art. Les visages, les regards et les contrastes occupent une place importante dans ses réalisations. Lorsqu’une fresque est signée, la signature se trouve souvent dans un angle inférieur, mais elle n’est pas toujours facile à repérer.
Nhobi fait partie des artistes dont le travail est régulièrement associé aux murs marseillais. Ses interventions mélangent dessin, lettrage et références graphiques. Le style du street art local repose souvent sur ces croisements : une fresque peut être commencée par un artiste, complétée par un autre et entourée de collages réalisés par plusieurs personnes.
Jace, artiste originaire du Havre installé à La Réunion, est connu pour ses personnages appelés « gouzous ». Ces silhouettes jaunes, reconnaissables à leur forme simple et à leurs mises en scène humoristiques, apparaissent dans de nombreuses villes du monde. À Marseille, comme ailleurs, leur présence peut être ponctuelle. Si vous en repérez un, regardez attentivement le décor : le personnage est souvent intégré à un élément du bâtiment ou à une situation locale.
Le quartier peut aussi présenter des œuvres liées à des artistes comme Invader, célèbre pour ses mosaïques inspirées des personnages de jeux vidéo. Ces petits assemblages de carreaux sont souvent placés en hauteur, sur des angles de bâtiments ou des façades difficiles à atteindre. Leur présence et leur état peuvent évoluer. Les amateurs utilisent généralement l’application FlashInvaders pour photographier et géolocaliser les mosaïques, sans que cela remplace une vérification sur place.
La fresque peinte directement sur un mur est la forme la plus visible. Elle peut être réalisée à la bombe aérosol, au pinceau, au rouleau ou avec plusieurs outils. Les grandes compositions demandent souvent plusieurs jours de travail. Certaines sont préparées à partir d’un dessin ou d’une projection, tandis que d’autres sont construites directement sur le mur.
Le collage consiste à fixer une image ou un dessin imprimé sur un support. Cette technique permet une intervention rapide et facile à renouveler. Les affiches peuvent être arrachées, recouvertes ou dégradées. Le pochoir, lui, repose sur un motif découpé et reproduit à la peinture. Il permet de créer des images très précises, parfois accompagnées d’un message court.
Les mosaïques, notamment celles associées à Invader, demandent une préparation différente. Les carreaux sont assemblés pour former une image pixelisée. Leur petite taille les rend parfois difficiles à voir depuis le sol. Enfin, les stickers et les petits collages composent une sorte de conversation visuelle entre les artistes, les habitants et les passants.
Le street art se trouve dans l’espace public, mais cela ne signifie pas que tous les murs sont librement accessibles. Une façade appartient à un propriétaire, et un rideau métallique peut être celui d’un commerçant. Il est préférable de ne pas toucher les œuvres, de ne pas s’appuyer sur les portes et de demander l’autorisation avant de photographier l’intérieur d’un commerce.
Le quartier est résidentiel autant que touristique. Les habitants vivent au milieu des fresques et des passages étroits. Évitez donc de parler trop fort sous les fenêtres, surtout le soir. Les escaliers sont parfois utilisés par les riverains, les livreurs et les poussettes. Un peu d’attention suffit pour profiter des lieux sans gêner les déplacements.
La photographie est autorisée depuis l’espace public, mais l’utilisation commerciale d’une image peut obéir à d’autres règles. Pour une publication personnelle sur les réseaux sociaux, pensez à créditer l’artiste lorsque son nom est connu. Cette habitude permet aussi de mieux documenter les œuvres et d’éviter les attributions approximatives.
Des visites guidées consacrées au street art sont parfois proposées par des associations, des collectifs ou des guides locaux. Elles permettent de comprendre l’histoire des artistes, les relations avec les propriétaires et les différences entre commande, occupation temporaire et intervention spontanée. Les dates et les tarifs changent selon les organisateurs : consultez leurs sites ou leurs pages officielles avant de réserver.
Le Cours Julien se découvre donc comme un quartier en mouvement. Les fresques les plus célèbres attirent l’attention, mais les petits détails font souvent la différence : une signature près d’une gouttière, un autocollant au dos d’un panneau, un personnage dissimulé derrière une enseigne. Ici, la visite ne se limite pas à suivre un itinéraire. Il faut regarder partout, accepter de revenir et garder en tête qu’à Marseille, le mur d’aujourd’hui ne sera peut-être plus celui de demain.