Le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) aborde 2026 avec deux enjeux majeurs : consolider sa place sur le marché méditerranéen de la croisière et maintenir un trafic de marchandises capable de soutenir l’économie régionale. Situé entre Marseille et Fos-sur-Mer, le port ne se résume pas aux paquebots visibles depuis la Corniche. Il accueille aussi des conteneurs, des hydrocarbures, des céréales, des véhicules, des matériaux et de nombreux flux liés à l’industrie.
Une précision est nécessaire pour lire les chiffres annoncés pour 2026 : l’année n’est pas encore achevée et le trafic définitif ne peut être connu qu’après la clôture des statistiques. Les données publiées en début d’année correspondent donc principalement à des prévisions, à des capacités programmées ou à des réservations de compagnies maritimes. Les résultats officiels seront communiqués par le Grand Port Maritime de Marseille après le bilan annuel.
Un port stratégique pour Marseille et la région
Le GPMM s’étend sur deux grands secteurs. Le bassin Est correspond au site historique de Marseille, notamment pour les ferries, les navires de croisière et certaines activités portuaires. Le bassin Ouest, autour de Fos-sur-Mer, accueille les installations industrielles, les terminaux à conteneurs, les vracs et les navires de grande capacité.
Cette organisation explique pourquoi les chiffres du port sont souvent plus importants que ce que l’on imagine en observant uniquement les quais marseillais. Les flux sont répartis sur un vaste territoire. Ils concernent les Bouches-du-Rhône, mais aussi la vallée du Rhône, le sud de la France et, au-delà, une partie de l’Europe.
Le port joue également un rôle dans l’emploi local. Les activités directement portuaires mobilisent des dockers, des agents maritimes, des pilotes, des remorqueurs, des manutentionnaires et des techniciens. À cela s’ajoutent les emplois indirects dans le transport routier et ferroviaire, la logistique, la maintenance, l’hôtellerie, la restauration et les excursions touristiques.
Les chiffres clés de la croisière en 2026
Marseille reste l’une des principales portes d’entrée de la croisière en Méditerranée. Les compagnies utilisent la ville comme escale, mais aussi comme port de départ ou d’arrivée pour certains itinéraires. Dans ce second cas, les passagers séjournent plus longtemps sur le territoire et utilisent davantage les hôtels, les restaurants, les taxis et les transports.
Pour 2026, les programmes annoncés par les compagnies laissent prévoir une nouvelle saison soutenue. Le nombre exact de passagers dépendra toutefois de plusieurs facteurs : les réservations, les annulations, la météo, les tensions géopolitiques, les modifications d’itinéraires et la disponibilité des navires.
- Trafic attendu : une fréquentation qui devrait rester à un niveau élevé, dans la continuité des années récentes.
- Escales : plusieurs centaines de mouvements de navires sont programmés sur l’année, avec une concentration entre le printemps et l’automne.
- Type de passagers : des voyageurs en transit, mais aussi des passagers embarquant ou débarquant à Marseille.
- Zones desservies : Méditerranée occidentale, Italie, Espagne, Grèce, Turquie et parfois Afrique du Nord selon les itinéraires.
- Navires : des paquebots de tailles différentes, des unités classiques aux navires dépassant largement les 300 mètres.
Les volumes de croisiéristes enregistrés ces dernières années ont dépassé plusieurs millions de passagers annuels. Il faut néanmoins distinguer les passagers des passagers en escale. Un même voyageur peut être comptabilisé à plusieurs reprises au cours d’une saison s’il effectue plusieurs escales ou s’il embarque puis revient dans le port à la fin de sa croisière.
Cette distinction est importante pour comprendre l’impact réel du secteur. Un passager en transit ne dépense pas de la même manière qu’un voyageur qui commence son séjour à Marseille. Le premier dispose parfois de quelques heures pour visiter le Vieux-Port, le Panier ou Notre-Dame de la Garde. Le second peut réserver une nuit d’hôtel, prendre un repas, utiliser une consigne ou louer une voiture.
Un calendrier très concentré
La saison des croisières s’étend généralement sur une grande partie de l’année, mais les mois les plus actifs restent ceux qui bénéficient des meilleures conditions météorologiques. Le printemps et l’automne sont particulièrement importants. En été, le nombre de navires peut aussi être élevé, avec un afflux de visiteurs qui s’ajoute à la fréquentation touristique habituelle de Marseille.
Certains jours, plusieurs paquebots peuvent être présents simultanément. Cela représente plusieurs milliers de passagers arrivant en quelques heures. Les effets sont visibles dans les transports, aux abords des terminaux, dans les sites touristiques et dans les quartiers centraux.
Pour les habitants, ces journées peuvent offrir une activité supplémentaire aux commerces et aux restaurants, mais elles demandent aussi une organisation adaptée. Les visiteurs qui souhaitent circuler entre la porte d’Aix, le Vieux-Port, le Mucem et les terminaux doivent prévoir des temps de trajet plus longs. Les taxis et les navettes peuvent être davantage sollicités.
Des efforts sur les émissions des navires
La croissance de la croisière s’accompagne d’un débat sur les émissions atmosphériques, le bruit et la consommation d’énergie. Le port de Marseille a engagé plusieurs actions pour réduire l’impact des escales, notamment avec le déploiement de solutions d’alimentation électrique à quai pour certains navires.
Le principe est simple : lorsqu’un paquebot est raccordé au réseau électrique pendant son escale, il peut couper ses moteurs auxiliaires. Cette solution limite les émissions locales, mais elle nécessite des travaux, des équipements adaptés et des navires compatibles.
Le développement de carburants moins émetteurs, l’amélioration des moteurs et le suivi des consommations font également partie des évolutions attendues en 2026. Ces mesures ne suppriment pas toutes les nuisances. Elles constituent cependant un élément important dans la transformation du transport maritime.
Le port doit donc trouver un équilibre entre activité économique, accueil des visiteurs et qualité de l’air. La question ne concerne pas uniquement les croisières : elle s’applique aussi aux ferries, aux navires de commerce et aux activités industrielles.
Le trafic de marchandises reste le cœur de l’activité portuaire
La croisière est la partie la plus visible du port pour le grand public. Pourtant, les marchandises représentent une part essentielle de son activité. Le GPMM traite plusieurs catégories de flux :
- conteneurs : produits manufacturés, pièces industrielles, équipements et biens de consommation ;
- hydrocarbures et produits énergétiques : arrivées destinées aux installations industrielles et aux réseaux de distribution ;
- vracs solides : céréales, minerais, matériaux de construction et autres produits transportés sans emballage ;
- vracs liquides : produits chimiques, huiles et matières premières industrielles ;
- marchandises diverses : véhicules, remorques, machines, colis lourds et cargaisons spécialisées.
Le trafic global de marchandises se mesure en tonnes. Ce volume ne doit pas être confondu avec le nombre de conteneurs, généralement exprimé en EVP, c’est-à-dire en équivalent vingt pieds. Un conteneur de quarante pieds compte ainsi pour deux EVP.
Pour 2026, les résultats dépendront fortement de la conjoncture internationale. Les échanges maritimes sont sensibles au prix de l’énergie, à la situation des marchés asiatiques, aux coûts de transport, aux tensions dans certaines zones maritimes et à la demande industrielle française et européenne.
Les épisodes de perturbation des routes maritimes peuvent aussi modifier les délais et les itinéraires. Lorsqu’un navire doit contourner une zone à risque, le trajet s’allonge. Les coûts augmentent et les arrivées peuvent être décalées. Un port méditerranéen comme Marseille doit donc rester flexible pour absorber ces changements.
Les conteneurs et la concurrence en Méditerranée
Le développement du trafic conteneurisé constitue un axe important pour le port. Marseille-Fos se trouve en concurrence avec d’autres grands ports méditerranéens, notamment Gênes, Barcelone, Valence, Algésiras et Le Pirée.
Pour attirer les armateurs et les entreprises de logistique, plusieurs critères sont déterminants : la profondeur des bassins, la rapidité des opérations, la fiabilité des horaires, la qualité des connexions terrestres et la capacité à limiter les ruptures de charge.
La connexion avec le rail et le transport fluvial est également stratégique. Une marchandise qui arrive par bateau doit ensuite rejoindre son client. Si elle repart uniquement par camion, les routes régionales peuvent rapidement être sollicitées. Le report vers le train ou le fleuve permet de diversifier les solutions et de réduire la pression sur le réseau routier.
Pour les entreprises de la région, l’enjeu est concret. Un port efficace peut raccourcir les délais, sécuriser les approvisionnements et faciliter l’exportation des produits fabriqués dans le sud de la France. À l’inverse, un retard ou un coût logistique trop élevé peut peser sur la compétitivité.
Fos-sur-Mer, le poids lourd industriel du GPMM
Le secteur de Fos concentre une grande partie des activités liées aux marchandises et à l’industrie. On y trouve des terminaux portuaires, des zones logistiques, des installations énergétiques et des sites industriels qui utilisent directement les flux maritimes.
Les projets liés à la décarbonation devraient prendre une place croissante en 2026. Production d’hydrogène, électrification des procédés, captage du carbone, énergies renouvelables et réutilisation de certaines infrastructures font partie des pistes étudiées par les acteurs du territoire.
Ces transformations ne sont pas instantanées. Elles nécessitent des investissements importants, des raccordements électriques, de nouvelles compétences et des procédures administratives. Elles peuvent toutefois modifier progressivement le profil économique du port et renforcer son rôle dans la transition industrielle.
Que faut-il retenir pour 2026 ?
Le Grand Port Maritime de Marseille devrait rester un acteur majeur du tourisme et du commerce en Méditerranée. La croisière devrait conserver une fréquentation élevée, avec une activité particulièrement forte pendant les mois de printemps, d’été et d’automne. Les chiffres définitifs dépendront du nombre réel d’escales et du remplissage des navires.
Du côté des marchandises, l’année s’annonce plus dépendante de la conjoncture internationale. Les volumes de conteneurs, de vracs et de produits énergétiques pourront évoluer en fonction de la demande, des coûts de transport et des routes maritimes utilisées.
- Le port fonctionne toute l’année, pas seulement pendant la saison touristique.
- Les croisières représentent une activité visible, mais les marchandises restent fondamentales pour l’économie régionale.
- Les bassins Est et Ouest ont des fonctions différentes et complémentaires.
- La réduction des émissions devient un critère central pour les nouveaux projets.
- Les données 2026 publiées avant la fin de l’année doivent être considérées comme des prévisions.
Pour suivre les chiffres actualisés, les lecteurs peuvent consulter les publications du Grand Port Maritime de Marseille, les données des autorités portuaires et les bilans économiques régionaux. Les statistiques définitives permettront de comparer les prévisions aux résultats réels et de mesurer l’évolution du port face aux autres grandes plateformes méditerranéennes.

